samedi, août 27, 2011

L'ENFANt DU PEUPLE ANCIEN ( Anouar Benmalek)

Queensland, nord-est de l'Australie, décembre 1918. Kader, bouleversé regarde le corps défait de sa femme, Lislei, mourante. D'étranges dieux ont présidé à leur rencontre. En 1870, Lislei, l'Alsacienne, est emprtée dans la tourmente sanglante de la Commune, tandis que Kader, l'Algérien, est fait prisonniet au cours de la révolte des tribus sahariennes contre les colons français. Tous deux sont déportés en Nouvelle-Calédonie et réussissent à s'évader sur le même rafiot se dirigeant vers l'Australie. A son bord, ligoté, gémit un drôle de petit garçon: Trdarir. Dernier représentant des Aborigènes de Tasmanie décimés par les colons australiens, l'orphelin courageux tente de retrouver les mythiques Sentiers des Rêves de son peuple.


"On n'a jamais assez de temps pour ceux qu'on aime". page 17


-Un Négro , c'est un Négro et un kangourou, c'est un kangourou! J'dis pas que c'est un homme comme nous, mais j'dis pas que c'est un animal. Et un gosse, c'est un gosse, y'a pas des choses à ne pas dire! page 120


On ne pleure que si l'on attend une consolation. page 123


Est-ce seulement imaginable qu'un peuple disparaiise de la terre parce qu'un autre l'a voulu? Ce n'est pas possible, Dieu serait-il fourbe à ce point? page 174


Le monde est une rose, respire-la et passe-la à ton ami. page 284


Le fond du coeur humain est plus loin que le bout du monde, prétendait sa mère. page 307

mardi, août 23, 2011

LE PAPALAGUI (Erich Scheurmann)

Les paroles de Touiavii recueillies par Erich Scheumann.

Touiavii , le chef de la tribu de Tiavéa, a observé de près cet être étrange qu'est la Papalagui et en dresse un portait plus éclairé que ne pourrait le faire un ethnologue:

- le papalagui étouffe son corps avec des peaux lourdes et serrées qui le privent de soleil;
- le papalagui vit dans des coffres de pierre empilés, séparés par des fentes bruyantes et grises;
-Le Papalagui est obsédé par le métal rond et le papier lourd qui régissent sa vie;
- Le papalagui a inventé un objet qui compte le temps; depuis, il court sans cesse derrière;
Le papalagui a développé bien d'autres maladies et comportements absurdes...
Alors le sage Touiavii, qui vit dans les îles Samoa aimerait bien que son peuple ne devienne pas comme le Papalagui, ce curieux homme blanc qui vit en Europe.

"Chers frères lucides, nous sommes tous pauvres. Notre pays est le plus pauvre sous le soleil. Nous n'avons pas assez de métal rond ni de papier lourd pour remplir un coffre. Dans la pensée du Papalagui, nous sommes des mendiants misérables. Et cependant! Quand je regarde vos yeux et les compare à ceux des riches alii (le monsieur, le noble), je les trouve bien ternes, altérés et fatigués, tandis que les vôtres rayonnent de joie, d'énergie, de vie et de santé. Ces yeux-là, je les ai trouvés seulement chez les enfants du Papalagui avant qu'ils sachent parler., ils ne savent rien de l'argent...page 51

Quand l'homme a besoin de beaucoup de choses, il est dans une grande pauvreté, car il prouve en cela qu'il est démuni des choses du Grand Esprit. La Papalagui est pauvre parce qu'il est possédé par les objets. Il ne peut plus vivre sans les objets. Page 58

Maintenant, les hommes blancs voudraient nous apporter leurs trésors pour que nous devenions riches aussi , riches de leurs choses. Mais ces choses ne sont que des flèches empoisonnées et celui dont elles frappent la poitrine meurt. "Nous devons les amener à avoir des besoins.", j'ai entendu dire cela par un homme qui connaît bien notre pays. Les besoins, ce sont des objets. "Ensuite, ils consentiront à travailler! " a poursuivi l'homme intelligent. page 61

Où que tu ailles chez le Paplagui et quoi que tu voies, que cela soit un fruit , un arbre, une eau, une forêt ou un petit tas de terre, toujours, partout, il ya quelqu'un à côté qui dit: " c'est à moi! Fais attention de ne pas prendre ce qui est à moi! " Si toutefois, tu prends quelque chose,aussitôt il crie et t'appelle "voleur", mot qui jette une grande honte sur toi, et seulement parce que tu t'es permis de toucher un mien de ton prochain. page 74


Quand je traverse un village à cheval, j'avance sans doute plus rapidement, mais quand je suis à pied, je vois plus de choses et mes amis m'invitent dans leur hutte. Atteindre vite son but a rarement un vrai intérêt. Le Papalagui veut toujours aller vite. La plupart de ses machines ne servent qu'à aller vite. Est-il quelque part, qu'un ailleurs l'appelle. Ainsi court le Papalangui sans arrêt tout au long de sa vie, oubliant de plus en plus la promenade, la marche et le joyeux mouvement vers la destination qui vient à nous, sans que nous l'ayons cherchée. page 88


Le Papalagui se nomme chrétien. Ce mot sonne comme un chant très doux. Puissions-nous nous appeler chrétiens tous les temps! Etre chrétien, cela veut dire: avoir de l'Amour pour le Grand-Dieu et pour ses frères et ensuite pour soi-même. L'Amour - c'est faire le bien -doit être en nous comme notre sang., et complètement avec nous comme la tête et mes mains. Le Papalagui a les mots Christ, Dieu et Amour seulement dans la bouche. Il remue la langue et fait beaucoup de bruit avec ces mots. Malheureusement, son coeur et son corps ne s'inclinent pas devant Dieu, mais seulement devant le métal rond et le papier lourd, devant les pensées de plaisir et devant les machines...Après réflexion, je me dis que le Papalagui nous a apporté l'Evangile comme une monnaie d'échange pour s'accaparer nos fruits et la plus grande et la plus belle partie de notre pays. Je le crois bien capable de cela car j'ai découvert beaucoup de saletés et beaucoup de péchés au fond du coeur du Papalagui et je sais que Dieu nous aime plus que lui, nous, qu'il appelle des sauvages, c'est -à-dire des hommes qui ont des dents de l'animal et pas de coeur dans le corps. page 132

jeudi, août 18, 2011

SAMARCANDE (Amin Maalouf)

Samarcande la Perse du XI è siècle et l'Orient du XIXè et début du XXè.
L'aventure d'un manuscrit écrit au XIè , égaré lors des invasions mongoles et retrouvé des siècles plus tard.

samedi, août 13, 2011

LE PAPALAGUI (Erich Scheurmann)

Les hommes blancs vus par un chef de tribut des îles de Samoa.

vendredi, août 05, 2011

TAXI (Khaled Al Khamissi)

Cinquante-huit conversations avec des chauffeurs de taxi du Caire. Chacune porte sur un aspect de la vie sociale, politique, économique de l'Egypte.

"On se demande pourquoi l'économie est foutue! s'exclame le taxi. Ce sont les gens qui la foutent en l'air. Vous y croyez, vous? En Egypte, les gens paient plus de vingt milliards de livres chaque année en factures de téléphone. Vingt milliards, ça veut dire que, si non ne se parlait pas pendant deux ou trois ans, l'Egypte serait transformée. Les Egyptiens sont tarés, je vous le jure. Ils n'ont pas de quoi manger mais chacun se balade avec son téléphone portable et une cigarette à la bouche. ...L'argent de tous les Egyptiens atterrit dans les poches de quatre sociétés: Egypt Télécom, Mobinil, Vodaphone et Eastern Tobacco Company". page 23

C'est vrai que Moubarak a réussi à tenir le gouvernement depuis qu'il est arrivé et a évité que l'Egypte n'entre en conflit avec un autre état. Les Américains disent à droite, on va à droite...à gauche, on va à gauche...on y court aussi. page 46

...Le gouvernement vit dans son monde, et nous, dans le nôtre. page 54




Celui qui n'est pas allé en prison sous Nasser n'ira jamais en prison, celui qui ne s'est pas enrichi sous Sadate, ne s'enrichira jamais, et celui qui n'a pas mendié sous le règnede Moubarak ne mendiera jamais. page 70




On a montré une image parfaite de la démocratie (pour les élections) . Mais je vais vous dire la vérité. La démocratie n'existe dans aucun pays du monde. Bien sûr, chez nous, ce n'est pas la peine d'en parler mais elle n'existe pas non plus à l'étranger. Aux Etats-Unis, les gens votent pour un parti ou pour l'autre alors qu'en fait, les deux sont pareils. Ils sont un seul parti, mais avec deux noms. Comme ici, où on vote soit pour Moubarak soit pour Moubarak. Et en Europe, aussi c'est pareil, tout se ressemble. La différence entre nous et eux, ce n'est pas la démocratie. parce que la démocratie est une illusion, elle n'existe que dans les livres, chez eux comme chez nous. La différence, c'est le droit. Ils ont un droit qui est appliqué et nous, non. C'est ça la différence. pages 75, 76


Le gouvernement veut apparaître comme une démocratie face aux Américains pour qu'ils continuent à le subventionner et que l'économie ne s'effondre pas. page 117


L'être humain en Egypte vaut autant que la poussière dans un verre fendu. Le verre peut se casser facilement et la poussière s'envoler dans les airs... C'est impossible de l'attraper, et de toute façon, ça ne servirait à rien parce que c'est juste un peu de poussière qui s'est envolée. L'être humain dans ce pays n'est qu'un peu de poussière qui vole, il n'a aucune valeur. page 148

A HAUTEUR DES NUAGES (Bernard Berest)

Découverte de la Chine, du taoïsme. Rencontre avec Zhu Ping qui deviendra son ami et avec lui fondra une "auberge taoïste" au flanc d'une montagne sacrée.

Bernard Berest nous décrit son cheminement depuis sa vie de cistercien à l'abbaye de Boquen et sa quête de l'absolu, ses interrogations à travers la sagesse chinoise.


"A hauteur des nuages", déjà au-dessus des contingences de la vie quotidienne. Pas encore au ciel. Un entre-deux. Entre ciel et terre. Loin du monde et pourtant solidaire de la vie qui se poursuit sous les nuages. C'est de ce lieu privilégié que j'entreprends de rédiger ces chroniques. page 16


J'essaie tant bien que mal de conjuguer ces ceux polarités: l'attention intérieure au fond du fond du réel et une attention non moins aiguë au devenir des hommes dont je partage la vie. Deux polarités aussi fondamentales l'une que l'autre, aussi dignes l'une que l'autre, se nourrissant l'une de l'autre et qui me semblent comme l'inspir et l'expir de la respiration douce qui seule assure une existence épanouie. page 20


...Le taoïste ne pense ni au passé révolu ni à un avenir inatteignable. Il se contente de saisir les forces du présent pour assurer un avenir immédiat. page 104


Je n'adhère pas à toutes ses opinions (Giardano Bruno qui fut brûlé le 17 février 1600, pour ses idées ) même si son hypothèse sur la pluralité des mondes reste toujours stimulante, mais je sais que c'est à des hommes comme lui, qui ont revendiqué le droit de penser par eux-mêmes, au péril de leur vie, que nous avons conquis la liberté intelleectuelle au cours des derniers siècles. page 126


Etymologiquement , la sagesse est..."l'art de savourer la vie". page 141


"En l'an mil, la part de l'Asie dans le PIB mondial était d'environ 70 pour cent, de 65 pour cent en l'an 1500 et de 59 pour cent en 1820. C'est seulement à cette date , parce qu'elle loupe la révolution industrielle et se renferme sur elle-même, que l'Asie dégringole dans les classements. Et que la Chine s'effondre: 29 pour cent du PIB mondial en 1820, 14 pour cent en 1880, moins de 5 pour cent en 1950". page 160

CONFESSION D'UN CARDINAL (Olivier Legendre)

samedi, juillet 09, 2011

LA COULEUR DES SENTIMENTS ( Katrhryn Stockett)

Six jours par semaine, je prends le bus pour traverser le pont Woodrow Wilson et aller travailler où habitent Miss Leefolt et ses amis, dans la quartier blanc de Belhaven. (Aibileen une des bonnes noires)



ça s'appelle Proposition de loi pour promouvoir les installations sanitaires réservées aux domestiques (noires) page 76


Constantine (la bonne noire) habitait à un peu plus d'un kilomêtre de chez nous dans un petit quartier noir appelé Hotstack, du nom de l'usine de goudron qui s'y trouvait...Petite fille, je parcourais moi aussi cette distance à pied. Quand j'avais supplié maman et bien appris mon catéchisme, elle me permettait parfois d'accompagner Constantine chez elle le vendredi après-midi. Après avoir marché, sans se presser, une vingtaine de minutes, on passait devant le bazar des Noirs, puis devant une épicerie où picoraient des poules, tandis que s'étirait de chaque côté de la route, une double rangée de maisons plus ou moins délabrées avec leurs toits de tôle ondulée et leurs auvents qui descendaient très bas pour donner de l'ombre...Il y avait quelque chose d'excitant de se trouver dans un monde si différent du mien, et je voyais avec une sorte de frémissement que j'avais de bonnes chaussures , que ma robe-tablier repassée par Constantine était d'une blancheur immaculée. pages 77-78 (Miss Skeeter, une Blanche)



"Je ne t'ai pas élevée pour que tu ailles dans les toilettes des Noirs!" .C'est sale là-bas, Mae Mobley! Tu vas attraper des maladies! Non! Non! Non!" (miss Leefolt) Et j'entends des claques qui tombent, encore et encore sur ses jambes nues...J'ai envie de crier assez fort pour que Baby Girl m'entende, de crier que sale, c'est pas une couleur, que les maladies, c'est pas les Noirs. Je voudrais empêcher que le moment arrive -comme il arrive dans la vie de tout enfant blanc - où elle va se mettre à penser que les Noirs sont moins bien que les Blancs. pages118-119 (Aibeleen)




Miss Hilly secoue la tête. Aibeleen, vous ne voudriez pas aller dans une école de Blancs, n'est-ce-pas


-Non Ma'ame, je marmonne. ...Je prends ma respiration. J'ai le coeur qui bat. Et je dis aussi poliment que je peux: "Pas dans une école avec seulement des Blancs. Mais dans une école où les Blancs et les Noirs sont ensemble."


..."Mais Aibeleen - le sourire de Miss Hilly est glacial - les Noirs et les Blancs sont si ...différents!" Elle fronce le nez.


...Bien sûr, qu'on est diiférents.Tout le monde le sait, que les Noirs et les Blancs se ressemblent pas. Mais on est tous des humains! page 223




"Tu l'aimes ta maitresse?

-Elle est jolie.

-Bien. Toi aussi, tu es jolie, Mae Mobley.

-Pourquoi tu es noire?

...-Parce que Dieu m'a faite noire, je dis. Il n'y a pas d'autre raison au monde.

- Miss Taylor (l'institutrice) dit toujours que les enfants noirs peuvent pas aller à l'école parce qu'ils ne sont pas intelligents."

- Tu me trouves bête?

- Non" Elle chuchote comme pour montrer qu'elle y croit très fort. Elle a l'air de regretter ce qu'elle a dit.

"Qu'est-ce-que ça t'apprend sur Miss Taylor, alors?

Elle cligne des yeux pour montrer qu'elle écoute bien.

"ça veut dire que Miss Taylor a pas toujours raison.", je dis.

Elle me prend par le cou. "Toi, t'as plus raison que Miss Taylor, Aibi". Je fonds. Ma coupe est pleine. C'est nouveau pour moi d'entendre ça. page 459

lundi, juillet 04, 2011

ELENA EST RESTEE...ET PAPA AUSSI ( Erick De Armas)

La vie à La Havane. Le rêve d'aller aux USA, les échecs répétés, la police, les restrictions alimentaires, les débrouilles quotidiennes pour vivre etc...
Pas d'amertume mais de la sobriété dans le récit.

dimanche, juin 26, 2011

C'EST UNE CHOSE ETRANGE A LA FIn QUE LE MONDE (Jean D'Ormesson)

MES ETOILES NOIRES (Lilian Thuram)

Esope, selon les études les plus récentes, auraitété un NUbien emmené en esclave en Phrygie et ses fables s'inspireraient sans doute des contes de sa région. ...Ainsi, Esope trouve-t-il dans ses courts récits un biais pour transposer les travers de ses maîtres. Il subvertit à ce qu'on impose pour préserver l'humanité qu'on lui refuse.Grâce à ses fables, il trouve sa dignité et se redresse. Elles contiennent des conseils de prudence, d'habileté, d'ingéniosité. page 27


(Toussaint -Louverture) A près sa mort, on trouvera dans les plis d'un mouchoir qui recouvrait sa tête, un manuscrit en créole.

"M'arrêter arbitrairement, sans m'écouter, sans me dire pourquoi, s'emparer de tous mes biens, piller toute ma famille, saisir mes papiers, les garder, m'embarquer sur un navire, m'envoyer nu comme un ver de terre, répandre les mensonges les plus calomnieux à mon égard, et après tout cela, me précipiter dans les profondeurs d'un cachot: n'est-ce-pas comme couper la jambe de quelqu'un et lui dire: "Parle", n'est-ce-pas enterrer un homme vivant?" page 83


L'ignoble général Rochambeau, fils du célèbre vainqueur , avec Lafayette, de la guerre d'Amérique, aide Leclerc dans sa tâche d'extermination en lui envoyant de Cuba des chiens spécialement dressés à "bouffer du nègre". (Jean-Jacques Dessaline)


Les préjugés sont tellement puissants à l'époque qu'entre le XVIIè siècle et la fin du XVIIIè la couleur noire subit une éclipse. Michel Pastoureau, historien des couleurs, raconte que le noir disparaît de l'habillement, de l'ameublement, de la peinture, des théâtres,, où il est réputé porter malheur, comme le vert; les deuils se font en violet; les cochons jusque là, majoritairement noirs, deviennent roses par croisement volontaires...page 98


L'horreur de la colonisation belge a consisté à exploiter jusqu'à l'anéantir une main-d'oeuvre gratuite, comme au temps de la traite. Dans le Congo du grand'oncle du roi Baudoin, on brûlait un village ou une région qui n'avait pas fait son quota de caoutchouc, on coupait les mains et les pieds desenfants qui rechignaient un tant soit peu au travail, on pendait, on décapitait, on brûlait, on enflammait, on faisait sauter les puits, les maigres réserves de nourriture, au point de manquer de main-d'oeuvre. Depuis 1919, la population du territoire avait été réduite de moitié! page 253


Taisez-vous

Vous ai-je ou non dit qu'il vous fallait parler français

le français de France le français du français

le français français. (Franz Fanon 1925-1961, Martinique) page 263


Je pense à la cette phrase d'Albert Einstein: " Le monde est dangereux à vivre! Non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire". page 280




jeudi, juin 09, 2011

LA FORET DES 29 (Irène Frain)

En Inde du Nord en 1485, à la lisière du désert, les rathores, seigneurs des lieux , rivalisent de palais mirifiques. Pour les ériger, ils font abattre les arbres par milliers.Une sécheresse effroyable se met à ravager la région.
Un paysan, jambo, jeune homme rejeté des siens, avec quelques hommes et femmes, fonde une communauté qui permet la survie grâce à l'application de 29 principes simples. La vénération des arbres est le pilier de cette communauté.

C'est une épopée historique que Irène Frain ressuscite après une enquête au Rajasthan sur les pas du célèbre Djambo puis chez les Bishnoïs eux-mêmes.

vendredi, juin 03, 2011

AU ROYAUME DES FEMMES (Irène Frain)

Joseph Rock,( 1884, Vienne - 1962, Honolulu) botaniste, linguiste, photographe d'exception. Il s'est illustré en récoltant dans l'ouest de la Chine nombre de plantes qui, sans lui, auraient disparu de la surface de la planète.
Fin 1923, Joseph Rock se lance à la recherche d'une montagne plus haute que l'Everest. Il veut y dénicher , au passage, une étrange tribu matriarcale: Le royaume des femmes. Entre Tibet et Chine, assure-t-il, vivraient les ultimes descendances des Amazones.

mardi, mai 31, 2011

LES INSURRECTIONS SINGULIERES (Jeanne Benameur)

(Antoine raconte son histoire)
J'ai ouvert la porte de la maison. Sans bruit. Et je suis parti. (il a 8 ans)....
Et j'ai couru. Dans ma rue, dans mon quartier, j'ai couru.
Quitter tout ce que je connaissais par coeur. Surtout ne pas m'arrêter. Portails, pavillons, jardins, ça défilait. Rien ne pouvait plus être pareil. Je courais. J'essayais d'arracher mon corps à quelque chose. plus je courais, plus c'est moi qui devenais étranger. Je ne savais pas où j'allais mais je courais.
C'est la voie de chemin de fer qui m'a arrêté net. Page 10,11

Lui, (son père) a été un ouvrier.
Moi, j'ai fait l'ouvrier, c'est différent. Me^me si l'usine est la même. (Antoine et ses collègues ont dû prendre leur RTT car peu de travail à l'usine et est revenu chez ses parents après une rupture avec son amie Karima)




Dans le silence de mes parents, je sais ce qu'il ya sur le sujet. Ils auraient si fiers que je fasse des études, comme Loïc(son frère). "Nous, ce qu'on veut, c'est que vous ayez une meilleure vie que nous". Quand ma mère me disait cela, j'avais envie de lui répondre: Mais ma pauvre mère, votre vie à vous alors, elle vaut quoi? page 18






Je ne sais pas ce que c'est , une route à suivre. Mais, je suis sur la route, il n'y a que les pieds de celui qui marche qui la connaissent . Concrètement. page 51






Quand on regarde derrière, on perd ce qu'on est venu chercher. page 57






Il (Marcel) m'avait dit: Les voyages , soit tu les fais très jeune, soit carrément vieux...Eh bien , pour moi, c'est le deuxième cas ...Entre les deux, tu crois à tout un tas de trucs qu'il faut faire dans une vie...mais au bout du compte, tu te dis un jour, que ce n'est pas si important que ça ...et tu pars. Tu vois, je me suis tenu à un coin de terre longtemps avec Lucile (sa femme) , mais Lucile , elle est partout, elle n'est pas restée là, dans ce petit enclos de rien du tout. C'était juste un enclos pour mes larmes, faut croire. Maintenant , je n'en ai plus besoin. J'ai du sourire à revendre. Et si je pleure, ce sera en plein air, n'importe où, qu'est-ce que ça peut faire?



Il a une façon de relever la tête, Marcel quand il dit ces mots. La révolte n'a pas d'âge, non, et l'homme à côté de moi, il a vraiment osé s'insurger contre tout ce qui dit qu'à son âge il vaut mieux rester confortablement dans ce qu'on connaît. On ne va pas se mettre à courir le monde à presque quatre-vingts ans! Eh bien, si, on peut! et il le fait avec moi. page 81




Pendant longtemps, tu sais, Antoine, j'ai cru que la révolution, c'était tout le monde ensemble, à la même heure, au même endroit. Le grand soir ou le grand matin. Et puis, j'ai compris que c'était solitaire, ce qui se passait vraiment. A l'intérieur de chacun. Et ça, ça ne peut se faire tous ensemble, à la même heure. C'est dans chaque vie quelque chose de possible, on y va ou on n'y va pas. Après, si on peut, on se rassemble avec les autres... page 160




J'ai toujours aimé les fous, Antoine. Les décalés, c'est les seuls qui lui laissent la place, au désir. Dans le décalage, c'est là! ...Il faut une épice, le goût de quelque chose d'autre. Ils viennent le chercher dans les livres...Dans les livres, il y a toujours le décalage. La place pour le désir. page 165




Personne ne fait partie de la vie de quelqu'un. Qu'est-ce que c'est que ces histoires? Nos vies sont solitaires. On l'apprend forcément. Depuis qu'on est sorti du ventre de notre mère, rien à faire, pas moyen. On s'approche des autres, l'amour ça ne sert qu'à ça! Toutes les formes d'amour...pas seulement la romance des amoureux..tout ce qui nous rapproche vraiment des autres. Mais, de toute façon, jamais, non JAMAIS, on ne fait partie de la vie de quelqu'un. Et encore heureux. ce serait la fin de notre solitude, mais c'est encore plus sûrement, la perte de ce qui nous appartient vraiment: notre liberté...On peut essayer de créer des liens, c'est tout. On ne fait jamais partie, on ne fera jamais partie. C'est comme ça! page 185

samedi, mai 28, 2011

OURAGAN (Laurent Gaudé)

(Tempête à la Nouvelle-Orléans. La plupart des habitants ont fui. Laurent Gaudé nous décrit plusieurs personnages, tous noirs sauf le prêtre: Keanu qui a quitté Rose pour vivre sa vie et revient vers elle, un prêtre visiteur de prisons qui déteste les Noirs, Joséphine Lnc. Steelson, des prisonniers qui ont quitté la prison après le départ des gardiens, Rose et son petit garçon Byron..)



Partir. Tout recommencer à zéro. Ce n'était pas qu'il était malheureux avec Rose. Mais la vie se retrécissait. Il y avait encore tant de choses à faire. Il voulait encore essayer tant de métiers, arpenter tant de terres, vivre, vivre de tous les côtés. La vie était plus vaste que Rose. La vie était plus vaste que Lower Ninth. Il voulait partir, s'éprouver, se perdre . Il avait roulé, redoutant que la séparation ne le brûle, car il l'aimait sans le moindre doute, il l'aimait, mais plus il s'éloignait de la Nouvelle-Orléans, plus la tristesse disparaissait. La vie l'attendait là, devant lui, la vie nouvelle, exaltante. Pages 43, 44






Tout tremble, tinte et se plie. Le vent ne cesse de forcir. C'est nous qu'il veut. Il souffle pour nous arracher, nous soulever de terre et nous faire danser dans les airs au-dessus de cette ville qui ne sera bientôt plus rien. Je reste à la fenêtre. Je la sens qui tremble et crisse. Tant pis si elle éclate à ma face de négresse, je ne bougerai pas d'ici, car je suis bien. Le monde va se déchirer comme un sac et je veux voir cela. page 58


(le stade est bondé de gens qui n'ont pas pu partir avant l'arrivée de l'ouragan)

O misère du monde qui tolère cela. Spectacle de la laideur des hommes. Moi, Joséphine Linc. Steelson, je vois ce que vous ne voyez pas. Ils m'ont déposée devant le stade (les sauveteurs ), heureux de m'avoir sauvée des flots, puis ils sont repartis dans leur quatre-quatre rutilant. J'ai regardé autour de moi et j'ai vu des hommes abandonnés, ceux qui ne comptent plus, ceux que l'on a oubliés derrière soi et qui traînent les pieds. Je les ai vus...Et ils sont tous noirs. Cela personne ne semble le voir. Tous noirs, dans la crasse d'habits souillés par le déluge. Une foule immense, déféquant et pissant de peur, une foule qui ne compte pour rien car nous n'avons jamais compté...Je suis parmi les rats qui se meurent et ne manqueront à personne. Ils enverront des hélicoptères et des bidons d'eau, maos rien n'effacera le fait qu'au moment de courir, ils ne se sont pas retournés, qu'ils ont même oublié qu'ils laissaient derrrière eux les nègres de toujours. Page 118


Mon père voulait m'appeler Fidelity. Il était fier d'avoir eu cette idée et il en souriait souvent lorsqu'il y pensait, comme un bon coup qu'il allait faire au monde entier. Fidelity, parce qu'il voulait être fidèle à ceux qui s'étaient battus pour nous, les Grant, les Hooker, tous les Yankees qui avaient fait couler leur sang dans nos champs pour que nous soyons libres. Mon père est parti, vaillant, déclarer mon nom à la mairie mais ils lui ont ri au nez."Fidelity, ce n'est pas un nom!"Il a insisté. Rien n'y fit. "Même un nègre ne peut pas s'appeler comme ça!", ont-ils dit. Mon père a baiisié les yeux et a enterré ses rêves d'hommage...A quinze ans,...j'ai décidé qu'on m'appellerait Lincoln, Joséphine Lincoln Steelson. page 119


Il sent qu'il meurt. (il a été tué par un prêtre qui veut éléminer les Noirs) . mais il est heureux de l'avoir retrouvée (Rose). Il est heureux. La plate-forme n'est plus en lui. Elle n'aura été qu'une parenthèse de six ans. Il est revenu à Rose et le reste est balayé. La tempête lui a offert cela. Si souvent il a eu peur que sa vie ne soit qu'une succession de jours, vidée de sens. SI souvent, il s'est senti inutile et lent. Aujourd'hui, il y a ce nom, Rose, qui chasse l'ennui des jours infinis. Il ya Rose. Il voudrait lui dire que cela rachète tout et qu'il ne faut pas pleurer. Il voudrait lui dire que sa vie est gagnée. Et puis , d'un coup, c'est elle qui s'assoit à son chevet. Elle a changé. Elle est devenue calme subitement et résolue....page 179


Les femmes pleureront mais elles se relèveront. Je le dis, moi, Joséphine Linc. Steelson, car je l'ai vu mille fois. Les hommes mourront mais il en viendra d'autres que nous élèveront dans le souvenir des premiers. Je chante avec ma voix venue de loin et les familles tournent la tête vers moi. Les enfants cessent de crier. La faim ne leur tiraille plus le ventre. Ils me regardent. Ils veulent que ma voix continue à emplir le hall car c'est la seule chose qui les réchauffe, alors, je continue, je suis increvable, et jamais personne ne me fera renconcer. page 185

mardi, mai 24, 2011

LA PERTE EN HERITAGE ( Kiran Desai)

Kiran Desai est née à New-Delhi en Inde. Ses études l'ont conduite en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Elle vit actuellement à Brooklyn.




Ses répliques (celles du cuisinier) avaient été affinées par des siècles de pratique, transmises de génération en génération, car les pauvres gens ont besoin de répliques adéquates; le texte est toujours le même, ils n'ont pas d'autre choix que de demander grâce. Le cuisinier savait comment pleurer. page 21




Il était important de maintenir les classes nettement séparées, sinon, c'était mauvais pour tout le monde. page 136




Lola -une dame qui vit avec sa soeur, préceptrice de Sai, la jeune Indienne - avait toujours été d'avis que les domestiques ne ressentaient pas l'amour de la même manière.: "C'est toute la structure de leurs relations qui est différente; elle se fonde sur des critères économiques, pratiques...et ce serait bien préférable, à mon avis, si on arrivait à en faire autant." page 137


"Ces Blancs, quand même! dit à Biju, dans la cuisine ( à New-York) Achootan, un collègue de plonge. Putain! Mais c'est quand même mieux ici qu'en Angleterre. Ici, au moins, il y a pas mal d'hypocrisie. Ils se croient bons, et t'arrives à avoir des aides. Là-bas, ils t'agressent ouvertement en pleine rue: "Retourne d'où tu viens!" Il avait passé huit ans à Cantorbéry, et il avait réagi en lançant une phrase que Biju devait entendre jusqu'à plus soif car il la répétait plusieurs fois par semaine: "Ton père, il est venu dans mon pays et il m'a pris mon pain, et maintenant, c'est mon tour, je suis venu dans ton pays pour reprendre mon pain". Achootan n'aspirait pas à la carte verte de la même manière que Saeed. S'il la voulait, c'était pour se venger. page 260

lundi, mai 23, 2011

CEREMONIE ( Yasmine Chami-Kettani)

L'auteur est marocaine.

"Le rire est peut-être une manière de pleurer" page 21

Je n'ai pas terminé le livre: petits caractères, multiplicité de détails etc...

lundi, mai 16, 2011

DANS LA MER, IL Y A DES CROCODILES (Fabio Geda)

Histoire vraie d'un jeune Afghan , d'une tribu hazara, une ethnie haïe par les Patchtounes et les Talibans. Pour le protéger, sa mère l'abandonne, au Pakistan. Commence pour l'enfant de 10 ans, un périple de 5 ans qui le conduira en Italie en passant par l'Iran, la Turquie, la Grèce...

Il faut toujours avoir un désir devant soi, comme une carotte devant l'âne, parce que , c'est en essayant de satisfaire ses désirs qu'on trouve la force de se relever, il faut toujours avoir un rêve au-dessus de sa tête, quel qu'il soit, alors, la vie vaut la peine d'avoir vécue. page 12

S'en aller.
Moi, je n'aurais jamais voulu quitter Nava (là où il est né) . Mon village m'allait très bien. Il n'y avait aucune technologie, pas d'énergie électrique, mais il y avait des pommes. Je voyais naître les fruits: les fleurs s'épanouissaient sous mes yeux pour se changer en fruits. Ici aussi, les fleurs se changent en fruits, mais on ne le voit pas. Les étoiles. Très nombreuses. La lune. je me souviens que, pour économiser le pétrole, nous mangions certains soirs en plein air, sous la lune. page 24

Au fait, écouter , c' est très différent de regarder. C'est moins douloureux, pas vrai? ça permet de jouer avec son imagination, de transformer la réalité.
Oui, en tout cas, pour moi. page 38


...il m'a dit que bien faire et mal faire étaient les deux moitiés d'un même sandwich que, dans tous les cas, il fallait manger en entier, sans regarder ce qu'il y avait à l'intérieur. page 54


(Enaïat travaille en Iran sur un chantier de construction d'immeubles, il est sans papier)

Effectivement, personne ne sortait jamais du chantier.

Le chantier n'était pas eulement une maison.

Le chantier était un monde.

Le chantier représentait le système solaire. page 70


Quand on n'a pas de famille, les amis sont tout.

En attendant, le temps passait. Les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines. Les mois. Le tic-tac de ma vie. J'aurais voulu acheter une montre pour donner un sens au passage du temps, une montre qui donne l'heure et la date, qui mesure la pousse de songles et des cheveux, qui me dise combien je vieillissais. page 76


Un jour, j'ai lu que le choix d'émigrer naît du besoin de respirer. C'est vrai. L'espoir d'une vie meilleure est plus fort que tout autre sentiment. Par exemple, ma mère a décidé qu'il valait mieux me savoir en danger loin d'elle mais en route vers un futur différent que me savoir en danger près d'elle, dans la boue et la peur pour toujours. page 83

jeudi, mai 12, 2011

LE LIVRE DES JOURS (Taha Hussein)

Récit autobiographique de l'auteur (1889-1973) , le plus grand écrivain arabe de son temps, né en Egypte. DEvenu aveugle à 3 ans, Taha Hussein fit des études à ma célèbre université islamique d'El-Azar, au Caire, puis à la jeune université égyptienne et enfin à la Sorbonne.